Pour un grand nombre de personnes atteintes de cette pathologie, la maladie se conjugue à la misère, et pour elles et pour leur entourage. Une maladie dont la prise en charge est très lourde, parfois même insurmontable, et plus particulièrement dans les cas où on compte plusieurs membres d’une famille qui sont atteints et ces cas ne sont pas rares surtout quand ces familles habitent dans des endroits isolés, loin des agglomérations, dans le dénuement total et quand, même l’entourage n’a pas les moyens de leur venir en aide parce que la situation sociale est la même.
Selon Mme Mekki Malika, présidente du bureau de l’association El Fadjr, on compte quelque 450 personnes, enregistrées sur le territoire de la wilaya de Aïn Defla, atteintes de cette maladie sans compter celles qui ne sont pas déclarées ou ignorées.
Si déjà un cas seulement est vécu comme un drame et par le patient lui-même et par sa famille, que dire quand plusieurs personnes vivant sous le même toit, au sein d’une famille isolée et démunie, ne possèdent même pas de quoi survivre ? Qui n’ont même pas même de quoi s’acheter un sachet de lait, quand, de plus, ce sont des personnes de sexe féminin ou en bas âge qui ne peuvent même pas sortir pour aller mendier ?
Selon Mme Mekki, les exemples de ce genre de famille ne sont pas rares. Notre interlocutrice nous cite le cas de cette famille qui vit dans un taudis à Tiberkanine et qui compte 7 personnes atteintes d’un cancer.
Que dire aussi de la situation à laquelle est confrontée cette famille de Djendel qui compte 3 personnes atteintes, le père, la mère et la fille en plus d’un frère qui souffre d’une maladie mentale et seule une jeune fille de 20 ans pour s’occuper de tous ?
Que dire aussi de cette famille d’El Maien où le père est décédé des suites d’un cancer et qui a laissé derrière lui 7 filles dans le dénuement total, même pas de quoi se payer un sachet de lait et que la DAS, bien qu’informée de cette situation, ne leur apporte aucun secours, rapporte
Mme Mekki.
Il est vrai que pour les personnes atteintes de cette pathologie dont la prise en charge est lourde, un service de chimiothérapie a été mis en place depuis quelques mois au niveau de Aïn Defla et qui les soulage grandement en leur évitant des déplacements coûteux vers le CPMC d’Alger ou le CAC de Blida quand les places sont disponibles.
Par contre, pour ce qui est de la radiothérapie, c’est vraiment le parcours du combattant pour ne pas dire le calvaire. En effet, rapporte la présidente du comité de Wilaya de l’association El Fadjr, comité né en 2014, des demandes de rendez-vous pour ce complément thérapeutique à la chimiothérapie sont sollicitées auprès des centres de Batna ou Ouargla (à 1 000 km) et que les réponses ne parviennent que 6, 8 voire 12 mois plus tard, quand les foyers se seront métastasés.
Contacté à ce sujet, le directeur de wilaya de la santé ne nie pas la pénibilité à laquelle sont confrontés déjà ces malades et d’avoir à se déplacer si loin pour se faire traiter : «Nous attendons impatiemment la réalisation du centre de radiothérapie en construction à Chlef et la mise en service du nouveau centre de Blida, cela permettra sûrement de répondre à une demande croissante», nous dit ce responsable.
Pour ce qui est du comité de Wilaya de l’association El Fadjr qui ne ménage aucun effort, la responsable,
Mme Mekki, et ses adjoints bénévoles, disent ne disposer que de très peu de moyens qui se limitent aux dons de quelques bienfaiteurs, des dons en argent qui n’ont pas dépassé les 18 millions de centimes pour toute l’année 2016, une somme dérisoire par rapport aux besoins énormes des malades et de leurs proches totalement démunis, et ce, sans aucune contribution, aucun centime ni de l’APW, ni de la Wilaya. Elle dit aussi avoir effectué des démarches auprès de la DAS sans autres résultats.
Pourtant chaque année, sur le budget de la Wilaya, au chapitre 920, des subventions sont accordées aux différentes associations dont nombre d’entre elles ne resurgissent que lors de la distribution des couffins de Ramadhan ou pour la gestion des restaurants du cœur et qui pourtant reçoivent des subventions en argent et en nature.
Karim O.

Relire depuis la source : le soir d’algérie

Commenter