Suite aux derniers drames qui ont eu lieu dans les hôpitaux algériens, dont la mort tragique d’une jeune maman et son bébé à cause de la négligence, le 26 juillet dernier à Djelfa, suivie de deux autres décès au CHU Beni Messous et Batna, la Coordination nationale des syndicats de la santé a dénoncé l’état lamentable des établissements sanitaires algériens et jugé l’administration comme « première responsable » des drames qui se succèdent dans nos hôpitaux.

En effet, selon les rapports parvenus au syndicat, de nombreux hôpitaux sont laissés à l’abandon et dans lesquels les patients sont livrés à eux-mêmes en l’absence de personnel parti en congé et dont le remplacement n’a pas eu lieu à temps. « Comment peut-on négliger le remplacement du personnel qui part en congé. C’est inadmissible et reflète parfaitement l’incompétence de l’administration de certains établissements hospitaliers. Pour ce qui concerne l’hôpital d’Aïn Oussera, la situation est désastreuse et nous avons déjà soulevé le problème au ministère de tutelle dans la semaine où a eu lieu le drame. Un tel accident était plus que prévisible », s’est indigné Ghachi Lounès, président du Syndicat national des paramédicaux.
Selon le syndicaliste, plus de 80% des hôpitaux algériens ne fonctionnent pas de manière optimale.
« Il y a des problèmes de mauvaise gestion et de désorganisation totale », a-t-il relevé. Parmi les causes citées par Ghachi Lounès, « l’incompétence et le manque d’expérience flagrant » de certains responsables au niveau des hôpitaux. « Les promotions dans le secteur de la santé se font de manière anarchique. Comment peut-on promouvoir un responsable d’établissement de proximité de la santé publique au poste de directeur de santé de wilaya sans avoir même exercé dans un CHU ? Ce sont ce genre de personnes qui sont responsables des nombreux dysfonctionnements relevés dans le secteur », a fait savoir Ghachi Lounès.
Dans ce sillage, la Coordination nationale des syndicats de la santé a appelé le ministre Mokhtar Hasbellaoui à intervenir au plus vite pour mettre un terme à certains dépassements qui conduisent à la perte de vie de certains patients. « Nous nous sommes déjà rapprochés du ministère et nous lui avons fait part de nos inquiétudes. Il est plus que temps de réformer les hôpitaux algériens et revoir même la stratégie du ministère de la Santé car, même à son niveau, il y a des choses à faire », a-t-il précisé.
Par ailleurs, et concernant le report de l’étude du projet de loi sur la santé, annoncé par le Premier ministre, le syndicat nous a affirmé « ne pas avoir été surpris » par son ajournement. Chaque remaniement ministériel apporte son lot de changements. En tant que syndicat, nous nous sommes attendus à cela mais nous espérons que les choses ne vont pas tarder à se faire, car le projet en lui-même comporte des solutions à de nombreux problèmes du secteur de la santé. L’ancienne loi est devenue caduque, car auparavant, il n’y avait pas d’établissement de santé privé, alors qu’aujourd’hui, ils sont plus présents », a-t-il conclu.
Source de l’article : Reporters.dz

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